World Cup Floral Art 2025 – Participant – Eilin Melkersen – Norvège
Eilin Melkersen : avec la pureté norvégienne et le regard tourné vers la durabilité, en route pour la World Cup Floral Art 2025
« Je suis tellement inspirée par la nature et les matériaux naturels. J’aime les couleurs terreuses et les saisons. Même dans les matériaux morts, je trouve de la beauté. »
Depuis un petit village du nord de la Norvège – où la nature peut être à la fois d’une beauté impitoyable et d’une dureté implacable – Eilin Melkersen s’apprête à rejoindre en 2025 l’élite mondiale de l’art floral. Elle représentera la Norvège à la World Cup Floral Art à La Haye. Son parcours est une histoire de persévérance, d’esprit de compétition et d’un lien profond avec la nature.
La première étincelle
Eilin a grandi dans une ferme d’un minuscule village, dans une vallée sur une île du nord de la Norvège. Cet environnement l’a rendue particulièrement créative et ingénieuse dans sa quête d’activités à inventer. Enfant, elle aimait fabriquer des choses de ses mains. À treize ans, grâce à un programme scolaire, elle eut l’opportunité de travailler quelques semaines dans une boutique de fleurs – par hasard celle où travaillait sa tante. C’est là qu’elle réalisa son tout premier bouquet. En riant, elle se souvient : « C’était affreux, mais j’ai adoré le faire. » Ce plaisir du processus créatif a planté une graine qui ne l’a jamais quittée.
Le chemin vers une formation florale n’a pourtant pas été simple. Dans le nord reculé, il n’existait pas d’écoles de fleuristes. À seize ans, Eilin a donc combiné un emploi dans une boutique de fleurs avec des études en médias et communication. Ce n’est qu’à 21 ans qu’elle a pu intégrer officiellement une école de fleuristes, et à 23 ans qu’elle a obtenu son diplôme. « Ce fut un long parcours, » dit-elle, « mais c’est précisément ce détour qui a façonné mon style. »
Le paysage comme maître
La beauté brute du nord de la Norvège se ressent dans toutes ses créations. Là où d’autres ne voient que l’éclat des fleurs en pleine floraison, Eilin perçoit tout autant de beauté dans les branches sèches, les feuilles mortes et les paysages hivernaux silencieux. « Peut-être un peu trop, dirait-on, mais il y a presque toujours du matériel mort dans mon travail. »
Son style, elle le décrit comme organique et un peu brut. Elle aime travailler avec des harmonies ton sur ton et jouer avec les contrastes de lumière et d’ombre. Pas de couleurs criardes, mais une harmonie sobre, enracinée dans l’esthétique scandinave. La durabilité en est le fil conducteur : « Beaucoup de gens considèrent cela comme ma signature. » Pour chaque fleur, chaque branche, Eilin éprouve du respect et cherche à les utiliser dans leur intégralité. Ses compositions florales reflètent ainsi le cycle de la nature et racontent une histoire. Elle veut montrer les fleurs et les plantes dans toute leur splendeur, souvent sauvage.
« Je suis passionnée par le savoir-faire, mais aussi par l’évolution de notre métier vers des directions nouvelles et plus durables. Pourquoi continuer à faire les choses comme elles ont toujours été faites, si nous pouvons les rendre plus durables, plus adaptées, ou tout simplement plus esthétiques en les faisant autrement ? »
L’esprit de compétition
Ce style affirmé s’accompagne d’une grande ambition. Il y a déjà onze ans, elle remportait sa première compétition. Elle plaisantait alors en disant qu’elle serait un jour championne du monde. « Je suis extrêmement compétitive et je veux toujours me dépasser, » dit-elle sans hésiter. En 2023, elle a décroché le titre de championne de Norvège. Depuis, son ambition se concentre sur les concours internationaux.
Sa participation à la World Cup marque pour elle un nouveau chapitre. Elle s’entraîne intensivement : elle construit des structures, teste des techniques, s’exerce avec des fleurs surprises et se prépare physiquement en salle de sport. « Pour certaines épreuves, il faut vraiment de la force. Je m’entraîne aussi mentalement, car la capacité à réagir vite est tout aussi importante que la technique. »
Bien plus qu’un titre
Pour Eilin, la World Cup représente davantage qu’une chance de remporter un titre. C’est aussi un moment symbolique : passer d’un village de seulement 14 habitants à la scène mondiale. Son message est clair : l’art floral ne doit pas nécessairement reposer sur des matériaux coûteux ou des constructions imposantes. « Ce qui rend une création exceptionnelle, c’est l’amour, le respect et la compréhension des matériaux botaniques. »
En parallèle, elle rêve de l’avenir : une serre-atelier où elle vivrait, enseignerait, servirait du café et proposerait des fleurs cultivées par ses soins. Un lieu où durabilité, créativité et hospitalité se rejoignent.
Et après la World Cup, arrêtera-t-elle les concours ? Elle sourit mystérieusement : « Je ne sais pas ce qui viendra ensuite. Peut-être plus d’enseignement, plus de voyages, plus de démonstrations. Je suis une voyageuse dans l’âme. On verra bien. »
Sources : Blok.no, Thursd, Blooms – foto’s @eilin melkersen












