World Cup Floral Art 2025 – Floral Fundamentals – Max Hurtaud
Max Hurtaud : « En restant ouvert à tout, j’ai la chance d’expérimenter et de me challenger sans cesse. »
Lors de la World Cup Floral Art 2025, vous pourrez assister à une démonstration du jeune floral designer passionné, Max Hurtaud. Nous lui avons demandé son avis sur la World Cup et sur sa démonstration à La Haye :
Max Hurtaud : « La Coupe du Monde d’Art Floral est et reste un des événements majeurs de notre métier. C’est quelque chose à ne surtout pas rater, surtout pour nous qui habitons en Belgique, de plus que la compétition se déroule tout près, aux Pays-Bas.
Que vous travailliez dans l’art floral artistique, l’événementiel ou un autre aspect du métier, c’est une opportunité fantastique pour chaque fleuriste de voir ce qui se fait dans le monde entier. Ce qui rend la Coupe du Monde particulière pour moi, c’est que c’est un melting-pot de styles, techniques et cultures différentes. Les candidats viennent du monde entier, donc il y en a pour tous les goûts. Et si votre favori ne gagne pas, ce n’est pas grave — au final, c’est une célébration de la diversité et du savoir-faire, et c’est précisément ce que j’aime. »
As-tu un favori ?
Tout le monde mérite de gagner. Et pour la Belgique, j’espère bien sûr que ce sera Chantal, mais j’ai tellement appris de Frédéric et nous avons vécu tellement de choses ensemble… Je ne peux que le soutenir. Il a toutes les cartes en main pour gagner : l’expérience en compétition, il a déjà participé à une Coupe du Monde, il connaît cet univers. Et dans ce genre de compétition, ce n’est pas que la technique qui compte, mais aussi le réseau. Frédéric a un style propre, qu’il a imposé dans le monde et que tout le monde reconnait. La différence avec il y a dix ans, c’est qu’il est aujourd’hui beaucoup plus calme et sûr de lui. Il m’a dit récemment (avant d’être invité à participer à la Coupe du Monde à La Haye) : « Si je participe encore une fois à une Coupe du Monde, je veux surtout m’enrichir personnellement, bien travailler, et surtout m’amuser. » Cette attitude va l’aider. Mais bon, il y a toujours des surprises. S’il finit dans le top 3, ce sera déjà fantastique. »
Frédéric est aussi très engagé auprès de la jeune génération de fleuristes.
« Oui, il a vraiment essayé de motiver les jeunes en France à se lancer dans cette aventure, car malheureusement de moins en moins choisissent ce parcours. En travaillant et en coachant les jeunes, il espère que d’autres oseront participer à ce type de compétition. C’est beau à voir. En France, la Coupe du Monde est vraiment un travail d’équipe, comme en Pologne. De nombreux pays travaillent aujourd’hui en équipe. Certains préfèrent tout faire seuls, d’autres recherchent la collaboration — chacun son style bien sûr ! »
Et toi, d’autres compétitions en vue ?
« Honnêtement, après l’année dernière — le championnat national en Belgique où Max a fini troisième — je n’en ai pas vraiment envie. Cela demande beaucoup de temps, d’énergie, et surtout d’argent. Si je fais une autre compétition, ce serait uniquement pour le plaisir, pas pour gagner. J’ai beaucoup de respect pour Chantal, préparer une Coupe du Monde en onze mois, c’est fou, tant au niveau organisation que financier. Ce sont deux grosses compétitions très rapprochées. Donc pour moi, pas de compétition pour le moment. L’année dernière, j’ai même été malade à cause du stress, et je ne veux plus revivre ça. Maintenant, je trace mon propre chemin et je prends du plaisir dans ce que je fais. »
L’année dernière, tu étais encore sur le podium en Belgique
« Oui, c’est vrai, et j’en suis content. Mais cela n’a pas changé ma vie. Bien sûr, on participe pour gagner, mais aujourd’hui je suis surtout heureux de ne pas avoir gagné. Cela m’a permis de passer d’agréables vacances cette année. Malheureusement, les compétitions florales sont souvent des concours financiers que des vraies compétitions florales. Même au championnat belge, on voyait que les cinq premiers étaient ceux qui avaient dépensé le plus. Ce ne devrait pas être comme ça. Les compétitions devraient avoir un plafond budgétaire. Par exemple, pour une Coupe du Monde, un budget maximum de 40 000 euros, justifié par des factures. En France, ils ont récemment instauré ça pour le brevet de maîtrise : on ne peut plus dépenser plus de 1500 euros pour leur pièce de maîtrise. Avant, en tant que jury, je voyais parfois des œuvres à plus de 10 000 euros. Bien sûr, ça fait la différence : on a plus de matériaux, on peut payer des personnes pour fabriquer certaines choses. On en a souvent parlé dans le jury, et on donnait finalement le plus de points à celui qui s’était personnellement le plus investi dans le projet. »
Que veux-tu montrer pendant ta démonstration à La Haye ?
« Ce que j’aime faire. Ma philosophie, c’est : si je prends du plaisir, cela se ressent auprès du public. Je vais réaliser cinq pièces totalement différentes, mais dans mon style — même si je n’arrive toujours pas à définir exactement ma signature. Ce sont des idées que j’ai en tête depuis un moment, ou des pièces que j’ai déjà faites et que je veux montrer à nouveau. C’est une opportunité unique pour moi de montrer ce que je sais faire pendant une Coupe du Monde. »
L’écoresponsabilité est-elle importante pour toi ?
« Oui, c’est un sujet qui me tient à cœur. Une des pièces est une réinterprétation de ma décoration de table du championnat belge de l’année dernière, donc du réemploi ! Une autre pièce que je prépare ne contient aucun matériau polluant. Je veux montrer qu’on peut faire de belles compositions avec différents matériaux. Mais honnêtement, je trouve que le terme « écoresponsable » est un peu trop fort pour notre métier. Nous travaillons avec des fleurs coupées et de l’eau. Je préfère qu’on parle plutôt de conscience écologique. »
Tu fais partie de l’équipe démo de Floral Fundamentals, une équipe impressionnante.
« Oui, c’est vraiment ‘wow’. Le champion du monde, la vice-championne, Athi Lyra (gagnant du concours de Singapour l’an dernier), Petra Konrad, Tiffany Van Lenten… Et le plus beau, c’est que, qu’on ait gagné ou pas, nous sommes tous des professionnels avec différentes techniques et cultures, formant une équipe fantastique. Je suis honoré de travailler avec Nikolaus Peters — je le connais depuis des années. Nous avons déjà fait une démo ensemble. Je veux que l’on prenne tous du plaisir, que l’on soit en haut ou en bas de l’échelle. »
Comment as-tu été sélectionné pour faire une démonstration pendant la Coupe du Monde ?
« Floral Fundamentals a établi une liste, puis la VBW a décidé qui ferait la démo. Mon nom était sur cette liste depuis mars 2024. J’en suis très heureux et je compte surtout m’amuser. »
Comment décrirais-tu ton style ? Français, belge, un mélange ?
« Je suis français, donc cela reste toujours un peu présent dans mon travail. Mais j’ai beaucoup appris en Belgique, surtout à nuancer mes choix. Grâce aux voyages et aux réseaux sociaux, mon style est devenu assez international. Je ne dirais pas que je fais un travail typiquement belge, car ce n’est pas forcément le style qui me parle le plus. Et je vois Chantal aussi s’éloigner de plus en plus du style belge pour s’adresser au style international. Donc oui — on peut appeler ça un style franco-belge flexible et avec une flexibilité internationale. Mais je ne veux surtout pas me mettre dans une case. »
Et tu continues à évoluer, bien sûr.
« Oui, absolument. En restant ouvert à tout — le naturel en Allemagne, le style jardin en Angleterre — je peux expérimenter et me challenger sans cesse. Depuis le championnat belge de l’année dernière, on me dit souvent que j’ai « un style propre », et ça me fait plaisir. Mais pour moi, c’est encore difficile à définir. L’essentiel, c’est de prendre du plaisir. Travailler sérieusement sans se prendre trop au sérieux. Parce que c’est notre métier, et ce serait dommage de perdre sa passion. »









