La Saint-Valentin n’est plus depuis longtemps une simple action commerciale dans le monde des fleurs. Pour les fleuristes, les grossistes et les producteurs du secteur, c’est un moment où se rencontrent émotion, symbolique et savoir-faire — et où les fleurs révèlent toute leur force en tant que porteuses d’amour, de souvenir et de connection.
Floreview a contacté 15 fleuristes et acteurs du secteur à travers toute la Belgique, qui ont répondu aux questions suivantes :
- Que représente la Saint-Valentin pour vous ?
- Quelle est la force spécifique des fleurs ?
- Comment abordez-vous la durabilité ?
Le botaniste-artiste Erik Lockley (Botaniste Artiste – Anvers) le résume parfaitement :
« La Saint-Valentin est un moment de bascule entre l’hiver et le printemps. C’est le moment où les fleurs recommencent à symboliser l’espoir, le désir et la croissance. »
Kim Vandermaeten (Orchiflor Ottignies Louvain-la-Neuve & président de Fleurop) voit également la Saint-Valentin comme bien plus qu’un acte de vente :
« Les fleurs sont de l’émotion, de la poésie. Dans un monde parfois dur, nous, fleuristes, permettons de littéralement mettre les personnes que nous aimons en fleurs. »
Quand les mots ne suffisent plus, les fleurs parlent


Voilà le début de votre conte de fée !
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Dans tout le secteur, la même conviction revient : les fleurs disent ce que les mots ne parviennent pas toujours à exprimer. Elles sont couleur, parfum, émotion… Elles améliorent l’humeur, réduisent le stress, réparent les erreurs, évoquent des souvenirs, rassemblent les gens. Les fleurs sont une forme de thérapie, créent de la convivialité…
Aymeric Chaouche (Atelier Sören Van Laer – Bornem) :
« Offrir des fleurs, c’est transmettre un peu de magie. Elles accompagnent les gens de la naissance à l’adieu. »
Chantal Post (Chantal Post Floral Artist – Présidente Be-Florist – Vielsalm) :
« Une fleur n’est jamais un simple objet ; elle porte toujours un message et une émotion. »
Chris Martens (Managing Director Smithers-Oasis Benelux) confirme cela du point de vue de l’industrie :
« Aucun autre cadeau ne suscite aussi rapidement et sincèrement des émotions que les fleurs. Elles forment un langage universel. »
Oliver Luyckx (Oliver Luycks Flowers – Gistel) :
« Un élément fort quand on offre des fleurs, c’est que l’on offre quelque chose de vivant, qui se déploie peu à peu. Un bouquet ou une composition florale évolue chaque jour, et chaque étape a sa propre beauté. On peut presque y voir un parallèle avec une relation. »
Cette force est aussi confirmée par les consommateurs. Les fleuristes l’entendent tous les jours dans leurs boutiques, et reçoivent des messages de leurs clients.
Wim De Ruyver (Bloemenateljee Wim De Ruyver – Kalken) l’entend régulièrement dans son magasin :
« Les fleurs disent tellement plus que les mots. C’est le cadeau qui fonctionne toujours. »
La connaissance du client est évidemment essentielle. Un fleuriste sait quelles fleurs ses clients aiment, leurs couleurs préférées, l’intérieur de leur maison…
Kurt Vercamer (Florist Vercamer – Courtrai) :
« Bien sûr, ce sont souvent les hommes qui sont envoyés par leur femme pour acheter chez nous. Elle ne peut surtout pas être déçue. En tant que fleuriste, nous devons marquer des points auprès de l’être aimé — et cela passe par une bonne connaissance du client. »
Selon Pieter Toebaert (Directeur Gentse Floraliën) la force émotionnelle des fleurs réside dans la CONNEXION, thème central de la prochaine édition des Floralies de Gand (1–10 mai) :
« Les fleurs apportent instantanément émotion et beauté. Elles créent un lien entre les personnes. »
La rose rouge reste l’icône — mais l’histoire s’enrichit



Les roses, et surtout les roses rouges, restent le symbole incontesté de la Saint-Valentin.
Damien Overputte (DO Flowers, Bruxelles) :
« Nous vendons énormément de roses. Elles restent, pour nos clients, le symbole ultime de l’amour. »
Mais l’accent évolue. La rose rouge peut aussi être intégrée de manière plus subtile.
Xander Dendas (Hof van Xander – Hasselt) :
« Le rouge ne doit pas crier. Avec la bonne intention, il peut parler doucement d’un amour profond et chaleureux. »
Et également Tom Paulussen (Directeur Fleurop-Interflora) souligne que chaque création florale raconte une histoire :
« Tout comme l’être aimé, chaque bouquet est unique. Le fleuriste met son émotion dans chaque création. »
Un moment magnifique… mais stressant pour les fleuristes
Pour de nombreux fleuristes, la Saint-Valentin est un moment commercial très fort — mais aussi extrêmement exigeant.
Kurt Vercamer (Florist Vercamer – Courtrai) :
« Les achats sont cruciaux pour un fleuriste à la Saint-Valentin. Chaque année, c’est un défi, et le plus grand pari concerne les roses rouges. Elles sont toujours chères à cette période et il faut en avoir assez, sans en avoir trop. Pour moi, la Saint-Valentin a toujours été un week-end très stressant. Même si l’on évalue bien la journée, cela reste difficile. C’est l’une des fêtes les plus compliquées. »
La durabilité ou l’éco-responsabilité : d’une tendance à une responsabilité


À côté de l’émotion, la conscience écologique grandit fortement. La durabilité est devenue une préoccupation quotidienne pour les fleuristes. Ils manipulent les fleurs de manière responsable et choisissent de plus en plus consciemment leurs fournisseurs.
Charlotte Bartholomé (Charlotte Bartholomé créatrice florale – Meslin l’Évêque) :
« Nous privilégions volontairement les fleurs locales de nos bons producteurs belges. Cela permet aussi de réduire considérablement le transport. »
Pieter Vanneste (Artistic – Audenarde) :
« Nous travaillons autant que possible avec des producteurs certifiés qui investissent dans des cultures durables. Cela demande au fleuriste une grande connaissance du produit et de ses origines. »
Au niveau du secteur, la durabilité est intégrée de manière structurelle. Les grossistes belges la prennent très au sérieux.
Inge Martens (CCO Agora Group) :
« Grâce à des choix réfléchis, des pré-commandes et une collaboration étroite avec nos fournisseurs, nous limitons le gaspillage et renforçons la chaîne. »
L’industrie investit également de manière concrète.
Chris Martens (Managing Director Smithers-Oasis) :
« Avec des mousses florales biosourcées et des supports compostables, nous rendons la durabilité tangible pour chaque fleuriste. »
Pieter Toebaert (Directeur Gentse Floraliën) résume :
« La durabilité, c’est prendre soin de l’avenir des fleurs, des personnes et de la biodiversité. »
La Saint-Valentin comme miroir du secteur



La Saint-Valentin montre le secteur floral sous son meilleur jour : artisanal, émotionnel et de plus en plus conscient.
Comme le dit Damien Overputte (DO-Flowers Bruxelles) :
« Nos clients sont prêts à attendre. Parce qu’un bouquet à la Saint-Valentin n’est pas un simple produit — c’est un message. »
Et c’est précisément cela qui rend les fleurs irremplaçables.
Les fleurs ne sont pas une décoration.
Elles sont un langage.
La communication comme facteur clé
Les réseaux sociaux sont devenus un canal essentiel pour le secteur floral.
Kurt Vercamer (Florist Vercamer – Courtrai) : « Les réseaux sociaux sont extrêmement importants pour notre secteur. Beaucoup de personnes, surtout des femmes, sont actives sur Facebook et Instagram. Pour nous, ce sont de véritables vitrines. »



